Magazine CONTACT IMG
SEPTEMBRE 1999

QUOI DE NEUF

LE RITALIN
UNE PILULE MIRACLE OU UNE DROGUE DANGEREUSE…

Comme le speed et la cocaïne, le ritalin ou méthylphénidate (son nom scientifique) est un stimulant du système nerveux central. Si un adulte prenait ce médicament, il aurait le même effet que s'il avait bu plusieurs cafés très forts, mais l'effet durerait beaucoup plus longtemps. Alors comment se fait-il que ce médicament aide les enfants à se calmer et à être plus attentifs? La vérité c'est que personne ne le sait exactement. L'effet premier de cette drogue est de stimuler la production de deux neurotransmetteurs (dopa-mine et noradrénaline), des substances chimiques qui rendent possible le passage d'un message d'une cellule nerveuse à une autre. Mais pourquoi l'augmentation de la production de ces substances affecte-t-elle différemment les hyperactifs?

Certaines hypothèses ont été avancées, mais à ce jour il n'y a aucune explication complète sur les effets de ce médicament, utilisé " au pif " depuis les années 50.

Tous les parents d'enfants d'âge scolaire ont entendu parler du ritalin, ce médicament que l'on prescrit aux enfants dits hyperactifs. Souvent d'intenses pressions sont exercées sur les parents par le professeur et la direction de l'école pour que ces derniers administrent le traitement à leurs rejetons trop agités. Résultat : de plus en plus d'enfants prennent du ritalin. Au Québec la consom-mation de ritalin est aujourd'hui cinq fois plus importante qu'en 1990. 5% des enfants d'âge scolaire en consomment, dans les milieux défavorisés, ce pourcentage atteint 12%. C'est à se demander si l'hyperactivité ne serait pas un trouble contagieux.

On sait que le ritalin peut avoir des effets positifs sur l'agitation ou l'attention des jeunes hyperactifs. Encore faut-il que le jeune soit véritablement hyperactif, il faudrait s'assurer que le ritalin n'est pas utilisé à outrance car, avouons-le, avec les coupures dans le système de l'éducation, ces pilules sont beau-coup moins dispendieuses pour le gouvernement que des éducateurs spécialisés. Peut-être le ritalin est-il devenu un prétexte utilisé pour neutraliser les enfants aux prises avec des problèmes émotifs, ceux qui sont agités parce qu'ils sont battus, abusés, qui ne mangent pas à leur faim ou alors simplement ceux qui débordent d'énergie.

Voici comment s'échelonnent les effets du ritalin à partir du moment où le jeune le prend. Environ une heure après la prise du médicament, on constate une baisse importante de l'agitation, l'effet maximal se produit environ 90 minutes après la consommation, pour diminuer grandement après 2 heures 30.

Les effets optimaux au niveau de l'attention sont plus lents à se produire. Ils se font réellement sentir une heure trente après la prise du médicament et durent environ quatre heures.

Une mauvaise posologie peut avoir des répercussions sur l'efficacité du médicament, une trop faible dose n'aura pas les effets recherchés, alors qu'une trop forte dose pourrait engendrer des effets secondaires indésirables.

L'effet secondaire le plus souvent rencontré est une perte d'appétit. Des maux de tête et de cœur ainsi que l'insomnie, l'hypertension, tremblements sont aussi assez répandus. La tachycardie, la pos-sibilité d'arythmie, ainsi que l'apparition de tics font aussi partie des effets à court terme.

Très peu d'effets à long terme sont documentés. Une légère perte de croissance a été rapportée dans des cas d'usage prolongé. Il faut souligner que 30% des jeunes hyperactifs ne réagissent pas positivement à ce traitement.

L'utilisation du ritalin croît à un rythme incontrôlé, alors que très peu d'études sur les effets à long terme ont été faites.

Sonia Faggion

Sources : Le point sur le ritalin, (Charles Robitaille), Méducation