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SEPTEMBRE-OCTOBRE 2001

MOT DE LA PRÉSIDENTE

Je ne sais pas si vous en avez entendu parler, mais une nouvelle réglementation qui régira les vitamines, les préparations homéopathiques et les herbes médicinales entrera en vigueur au printemps 2002

A compter de ce moment, tous les produits, avant d’être mis sur le marché devront être autorisés. De plus, afin de mieux gérer les effets secondaires que peuvent entraîner les produits naturels, la DPSN (direction des produits de santé naturels, un organisme de Santé Canada) mettra sur pied une ligne sans frais où le consommateur pourra téléphoner s’il constate des réactions anormales.

Je lisais dans la Presse du 07 juillet dernier, qu’en attendant cette nouvelle réglementation, Santé Canada garde l’œil ouvert. Une mise en garde vient d’ailleurs d’être émise sur l’herbe chinoise Ethedra parce qu’une soixantaine de cas de réactions ont été recensés depuis 36 ans, affirme M.Ryan Baker (porte-parole de Santé Canada), « personne n’en est mort, mais nous restons vigilants » disait-il.

Je me demande bien, ce que M. Baker pense de l’anticholestérol Lipobay/Baycol, commercialisé par la compagnie Bayer. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, sachez que la société Bayer a reconnu au mois d’août dernier que son anticholestérol était soupçonné d’être à l’origine de plus d’un millier d’incidents dans le monde, dont 52 mortels.

L’un des effets secondaires néfastes de ce produit, est la rhabdomyolyse : dans cette affection aiguë, les cellules musculaires sont détruites et libérées dans le sang. Cela déclenche des douleurs très vives généralement dans les mollets et le bas du dos, allant jusqu’à des défaillances rénales ou d’autres organes potentiellement mortels dans les cas extrêmes. Je pense que Santé Canada devrait envisager de mettre sur pied une ligne sans frais où le consommateur d’anticholestérol pourrait téléphoner s’il constate des réactions anormales.

Toujours est-il, que l’ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) se réjouit de l’adoption prochaine de la réglementation qui régira les produits naturels. Paul Frenet, président de l’OPQ souligne que « ce n’est pas parce que l’on colle l’étiquette produit naturel que ledit produit est inoffensif ». Il précise également que des interactions peuvent se produire lorsqu’on prend deux produits qui ne sont pas compatibles, qu’ils soient « naturels » ou pas et « il faut bien les utiliser et écouter les gens qui connaissent cela ». Et bien laissez-moi vous dire que tant qu’à moi, j’estime en connaître assez pour vous affirmer que tant qu’on me laissera choisir entre « naturel » ou pas, j’éviterai le « ou pas »

Jacqueline B.Blouin