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SEPTEMBRE-OCTOBRE 2000
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L'olivier ou l'arbre de la paix Consacré par les Romains à Jupiter et à Minerve, l'olivier à la verdeur perpétuelle fut, chez les Grecs, l'arbre d'Athéna et symbole par excellence de paix: c'est, en effet, d'une querelle entre cette déesse et Poséidon, dieu des eaux, que naquit le premier arbre de cette espèce, conservé comme un trésor derrière le temple d'Athéna. Mais Xerès, roi de Perse, le fît brûler avec le temple. Or, l'arbre repoussa aussitôt et produisit par la suite tous les oliviers de l'Acropole. Ainsi, les oliviers, protégés par des lois athéniennes très sévères, auraient poussé nombreux dans toute la Grèce Antique. Sénèque disait que "c'est un défaut de tout croire, c'en est un autre de ne rien croire". Entre les mythes et les sciences, se profile subtilement la réalité et cette part de bon sens qui consiste à penser que le monde ne se limite pas seulement à ce que l'on voit. L'olivier, cet arbre au feuillage persistant, cultivé surtout dans le bassin méditerranéen et qui nous fournit cette olive si prisée, a cette qualité de nous permettre, lorsque nous l'étudions attentivement, de constamment faire l'allée et le retour entre les mythes généreux et les sciences exactes. Laissons-nous charmer par cet emblème antique de fécondité, de paix et de gloire. Ce petit arbre méditerranéen d'une longévité exceptionnelle et qui a modifié les paysages du sud de l'Europe dès l'Antiquité nous provient de la famille des Oléacées et se dit, en latin, "Oléa europa" et plus communément "le Boutaillon". En fait, les oliveraies, graduellement, ont fini par remplacer forêts et champs de céréales dans tout le bassin de la Méditerranée. Plus tard, au XVI ième siècle, il sera introduit en Amérique Latine où il poussera sans difficulté en raison de sa qualité d'enracinement peu profond et donc, adapté facilement aux sols moins riches. À feuillage perpétuel, l'olivier produit un fruit très connu : l'olive. C'est donc dire qu'il produit aussi une minuscule fleur blanchâtre au cœur jaune et toujours entre deux de ces feuilles, ce que l'on appelle le phénomène de l'inflorescence et qui a pour but de protéger ce qui germe et devient le futur fruit. Se retrouvant aux racines de la civilisation occidentale, notamment dans la bible ainsi que dans la Grèce Antique et dans la passion du Christ (souvenez-vous du mont des oliviers), son utilisation remonte non seulement à l'Antiquité mais encore bien au-delà. En fait, ses feuilles ont longtemps constitué le principal remède contre les fièvres. Ainsi, dès l'Antiquité, l'olivier était déjà réputé pour ses vertus médicinales et, au XVII siècle, de très sérieux médecins européens recommandaient aux fiévreux de porter autour du cou une feuille de l'arbre cueillie avant le lever du jour. On disait également, en médecine populaire, que planter un couteau dans une oliveraie faisait également tomber la température. Toujours traditionnellement, pour faire disparaître des verrues, on disait de jeter au vent des feuilles d'olivier, en nombre égal aux verrues, ou en frottant chaque excroissance avec une olive provenant d'un arbre différent et en les enterrant côte à côte. Au surplus, on racontait que mordre trois fois dans une olive mûre puis la jeter dans une rivière soulageait les douleurs dentaires. Enfin, selon un ouvrage assez récent puisque publié en 1982, on se délivrerait d'une migraine grâce à l'application sur la tête d'une feuille d'olivier sur laquelle on aurait écrit au préalable le mot "Athéna". Aujourd'hui, l'utilisation la plus connue de l'olivier est sans nul doute son huile. À haute dose, l'huile d'olive est reconnue et utilisée en médecine populaire pour ses vertus vermifuge, laxative, cholagogue, sédative et anti-inflammatoire. Par voie externe, elle permet de chauffer les muscles et sert d'élément de base aux huiles de massage des sportifs. Cependant, il ne faut surtout pas négliger les autres éléments qui composent l'arbre, notamment son écorce et ses feuilles qui font maintenant l'objet de recherches sérieuses dans le vaste domaine de la santé et de la pharmaceutique. En effet, si les mythes ont contribué à créer autour de cet arbre une série de vertus à caractère médicinal, les sciences démontrent aujourd'hui le bien fondé de certaines de ces croyances et vont même plus loin. De ce fait, on s'entend pour dire maintenant que la feuille d'olivier agit en tant que puissant antiseptique contre les bactéries néfastes, les virus, les champignons et divers types de parasites en ayant un effet bénéfique et hautement renforçateur sur le système immunitaire. En plus de cette première découverte magistrale, la feuille d'olivier est reconnue pour son efficacité à régulariser la tension artérielle. Elle permet également de baisser le taux de sucre dans le sang chez les diabétiques légers et agit aussi en tant que diurétique. Pour obtenir ses effets bénéfiques sur notre santé de façon durable et fiable, il est recommandé de consommer quotidiennement sous forme d'extraits liquides (autre que l'huile), par exemple sous forme de gouttes, ce végétal exceptionnel qu'est l'Olea europa ou l'olivier. Bref, si dans les croyances et pratiques populaires, en Italie par exemple, l'olivier est réputé favoriser la fécondité et renforcer la vigueur sexuelle des hommes ou encore éloigner la foudre, en Espagne, on suspend des feuilles de cet arbre au-dessus des portes pour protéger les maisons de toutes sortes de maux. Et si au Japon, l'olivier symbolise l'amabilité ainsi que le succès dans les études et les entreprises civiles, en Inde, il est l'arbre de la pacification et de l'apaisement par excellence. En fait, c'est dire qu'universellement, que ce soit au niveau des croyances, des mythes ou de la science, l'olivier est sans nul doute affectionné pour ses vertus bénéfiques sur notre corps et plus globalement, sur notre santé générale. Référence bibliographique: ARIÈS, MARIE-CHRISTINE, Recettes de bien-être populaire d'après les traditions populaires, Monaco, éditions du Rocher. 1982. MOZZANI, ÉLOÏSE. Le livre des superstitions, mythes croyances et légendes. Édition Robert Laffont, Coll. Bouquins. Paris: 1995. CHEVALIER, JEAN & GHEERBRANT, ALAIN. Le dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres. Édition Robert Laffont / Jupiter, Coll. Bouquins. Paris: 1982. DR. A.B. HOWARD. Herbal Extracts: The Lawrence Review of Natural Products. 1990. DUKE, J.A. Handbook of Medicinal Herbs. Boca Raton, FL: CRC Press, 1985. |