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OCTOBRE 1999

D'hier à aujourd'hui

L'ancêtre aux mille vertus
Ginkgo biloba

"Bai guo", "fossile vivant", "herbe du cœur et des poumons", "arbre aux quarante écus", "arbre aux chichis", "salisburia adiantifolia", autant d'appellations populaires diverses, autant de propriétés curatives associées à ce vénérable végétal (150 à 200 millions d'années), survivant des ères secondaire et tertiaire. Le Ginkgo biloba demeure de nos jours l'unique représentant de la famille arboricole des Ginkgoacées. La racine éthymologique du mot proviendrait du japonais "Yin-Kuo", signifiant encore "abricot d'or".

Originaire d'Extrême-Orient, particul-ièrement de la Corée, du Sud-Est de la Chine et du Japon, le Ginkgo biloba est maintenant cultivé en Europe et en Amérique du Nord. Que ce soit pour sa beauté, ses propriétés médicinales reconnues ou encore pour les possibilités de recherches scientifiques qu'il permet, le Ginkgo biloba fascine par sa complexité.

D'un point de vue historique, c'est un médecin allemand du nom d'Engelbert Kaempfer qui, dès 1690, le fit connaître à l'Occident, après avoir séjourné au Japon. En 1712, il le décrivait dans un de ses ouvrages publiés sous le titre d'Amoenitatum exoticum. Mais il faudra attendre jusqu'en 1754 pour que sa première culture en Angleterre soit tentée et réussie par le pépiniériste londonien Gordon. Ce dernier, en 1771, en offrait un spécimen à Linné qui lui attribua le nom de Ginkgo biloba. L (appellation scientifique aujourd'hui reconnue), en raison des particularités morphologiques de ses feuilles.

Pouvant atteindre quelques 40 mètres d'envergure, le Ginkgo biloba existe en tant que spécimen mâle et femelle bien distinct. L'univers symbolique oriental l'associe d'ailleurs au principe du "Yin" et du "Yang", de par sa nature dioïque.

Il possède des feuilles caduques en forme de lobe ou d'éventail mais aussi fleurs et fruits, ces derniers n'apparaissant toutefois que sur le spécimen femelle. Ses fleurs, petites et blanches, sont regroupées à la manière d'une "grappe de raisin". Quant aux fruits, appellés "chichis", ils sont constitués d'un bulbe jaune à tissu charnu recouvrant en partie la graine. D'odeur très prenante, à la limite désagréable, les fruits apparaissent également en grappes sur l'arbre.

Bien que traditionnellement, chez les Orientaux, on le cultive dans les jardins sacrés, on offre ses graines lors de mariages (symbolisant de ce fait la fertilité), que ses graines soient très prisées dans la préparation de nourriture, ou encore que l'on s'en serve pour traiter divers problèmes respiratoires, c'est à ses feuilles caduques et nervurées que des vertus curatives lui sont, aujourd'hui, principalement associées.

En effet, dès 1889, des chercheurs se penchaient sur l'étude de sa composition chimique. Possédant des substances particulières ne se retrouvant pas chez d'autres espèces végétales, ses vertus curatives, d'abord issues du savoir populaire, se trouvèrent confirmées par l'étude scientifique de la composition de ses feuilles, au début des années 1970. Sa feuille, contenant un mélange complexe de glucosides flavanoïdes et des dérivés de terpène, notamment ginkgolides et bilobalides, est mainenant reconnue pour ses propriétés tonifiantes du système nerveux, décongestionnantes et renforçateures du système circulatoire ainsi que vaso-régulatrices aussi bien des systèmes périphériques (artères, veines) que centraux (cerveau, cœur).

Le Ginkgo biloba a donc un impact décisif sur divers problèmes de santé tels que les troubles de la mémoire, les difficultés de concentration, la baisse des facultés intellectuelles, le vertige, le bourdonnement d'oreilles, les maux de tête, pour ne nommer que ceux-là.

Enfin, plusieurs recherches cliniques ont été réalisées avec des extraits standardisés de Ginkgo biloba. De ce fait, il existe actuellement (1999) plus de 300 études différentes faisant ressortir avec rigueur les bienfaits de ce végétal, dont les plus récentes révélant des résultats très encourageants quant aux maladies du type Alzheimer. Bref, cet ancêtre vivant, étudié rigoureusement de nos jours, ne cesse de nous livrer ses secrets.


Bibliographie:

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  • HOWARD, A.B. Les extraits d'herbes. Une meilleure santé par les herbes liquides. 3e éditions révisée et enrichie. 199?.
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  • SAUVENAY, Guillaume. Un essai de phylogénie moléculaire de Ginkgo Biloba. Laboratoire d'Evolution Moléculaire, UPMC. 1994-1995.
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