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NOVEMBRE 1999

D'hier à aujourd'hui

Les écorces qui soignent
Uña de Gato

La griffe de chat (appellation française) ou encore cat's claw (appellation anglaise) provient de l'espagnol Uña de Gato. Dans le domaine scientifique, elle porte les noms d'Unicaria tomentosa et d'Unicaria guianensis, acceptations courantes lui venant d'une espèce végétale du genre Unicaria de la famille des Rubiacées, unique en Amérique du Sud.

Cette espèce végétale pousse donc en Amérique du Sud et plus particulièrement dans la région d'Iquitos au Pérou. Plante grimpante ou encore vigne, Uña de Gato s'accroche aux arbres de la forêt amazonienne à l'aide de petites griffes situées à la base de ses feuilles et semblables à celles d'un chat, d'où son nom. Il s'agit en fait, lorsqu'elle est récoltée et utilisée à des fins thérapeutiques, de la combinaison de l'écorce de deux espèces de vignes se reproduisant dans la jungle et sur les plateaux d'Amérique du Sud. Vivant en milieu humide à une altitude qui varie entre 400 et 800 mètres, les vignes sont donc récoltées et utilisées surtout au Pérou ainsi que dans le centre du continent.

Couramment utilisée dans les traditions locales chez les amérindiens du Pérou, ces derniers associent Uña de Gato à de multiples vertus. En effet, ils emploient les extraits d'écorce pour traiter divers problèmes de santé tels que des troubles d'inflammation comme l'arthrite et le rhumatisme, des troubles gastriques et intestinaux ou encore des problèmes liés au cycle menstruel, que ces extraits tenderaient à normaliser. Aussi, sa décoction (tant en usage topique que systémique), est utilisée abondamment pour soulager plusieurs types d'infections fréquentes dans la jungle, puisque Uña de Gato a révélé une excellente aptitude à renforcir le système immunitaire, de par ses propriétés antivirales, immuno-stimulantes ainsi que de par ses vertus de régénération cellulaire. Fait encore plus spectaculaire selon différentes sources médicales sud-américaines, Uña de Gato serait un des meilleurs remèdes pour prévenir et combattre le cancer, de par sa capacité à dissoudre les tumeurs cancéreuses, et ce, même dans les stades les plus avancés de la maladie. C'est d'ailleurs sur ces dernières propriétés curatives anti-cancéreuses que les chercheurs occidentaux se penchent plus particulièrement de nos jours.

Ainsi, l'intérêt actuel pour cette espèce végétale, encore peu et mal connue dans les pays du nord, remonte tout de même à quelques trente années de recherches scientifiques, soit autour des années 1970. En effet, à cette époque, le récit d'un péruvien ayant été soigné et guéri par un extrait Uña de Gato parvient aux oreilles d'un médecin européen du nom de Klaus Keplinger. À partir de ce moment, des recherches scientifiques sérieuses débutent. D'ailleurs, c'est Klaus Keplinger qui, en 1989, détenait le premier brevet pour un extrait de cette plante.

Outre Keplinger, d'autres preuves scientifiques ont été rapportées et publiées par des chercheurs français, dès 1982, dans le journal Planta Medica. Paru sous le titre d' "Alcaloïdes de l'unicaria guianensis", cet article scientifique portait entre autres sur la composition d' Uña de Gato. Or, cette plante recèle des composés de la famille des rubiacées tels que l'alcaloïde oxindole tétracyclique et pentacyclique. L'analyse biochimique de ces alcaloïdes bioactifs a indiqué la présence des substances de ptéropodine, de spécio-phylline, de mitraphylline et d'éléments phytochimiques divers. On s'accorde pour dire que tous ces éléments présentent des résultats intéressants en laboratoire pour le traitement du cancer, confirmant ainsi les bienfaits rapportés dans le savoir local des amériendiens du Sud. En conclusion, comme la toxicité d' Uña de Gato semble très faible selon la littérature scientifique, les effets secondaires associés à la prise d'extrait de cette plante seraient à peu près nuls. Actuellement, Uña de Gato demeure donc un des meilleurs stimulants du système immunitaire disponible dans les plantes médicinales. Quant à ses propriétés curatives spectaculaires en ce qui concerne le traitement du cancer, d'autres études scientifiques présentement en cours devraient bientôt nous apporter des réponses satisfaisantes relatives au traitement de cette maladie, malheureusement encore trop répandue de nos jours en Occident.

Kathia Roy
Bibliographie:

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