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JUILLET-AOÛT 2002
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| Alerte
à l'hormonothérapie de substitution Un très large essai américain sur l'hormonothérapie substitutive de la ménopause a été stoppé le 31 mai 2002, en raison d'une augmentation globale des risques de santé chez les participantes qui recevaient un traitement par oestrogènes conjugués équins plus progestatifs. La ménopause correspond à l'arrêt définitif des sécrétions hormonales, strogènes et progestérones, en provenance des ovaires. Ce phénomène est à l'origine des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil, de l'accélération de l'installation de l'ostéoporose et du risque vasculaire. Le traitement dit substitutif, puisqu'il vient en remplacement des sécrétions défaillantes, consiste au minimum à la prise d'estrogènes, complétée de progestérone, quand on veut imiter le statut hormonal qui prévalait avant la ménopause. L'étude en question avait comme mission d'évaluer les bienfaits et les risques du traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) sur une période de plus de huit ans et une échelle de population considérable. En fait, plus de 16 600 femmes, âgées entre 59 et 79 ans y ont participé. Elles ont reçu un composé d'hormones oestro-progestatives (strogène et médroxyprogestérone) ou un placebo. Cette étude faisait partie d'un essai clinique, appuyé par le Women's Health Initiative, afin de diminuer l'incidence du cancer du sein, des maladies cardiaques, du cancer du colon, de même que les fractures chez les femmes ménopausées. Bien que bénéfique pour soulager les symptômes de la ménopause, le THS présente plusieurs effets secondaires, dont une sensibilité des seins, des nausées, des maux de tête et une sensation de gonflement. Toutefois, après un suivi de cinq ans, les auteurs de l'étude ont observé que le risque d'accidents vasculaires cérébraux a augmenté de 41% chez les femmes prenant des hormones, en comparaison du groupe témoin ; le risque de cancer du sein s'est accru de 26% et celui des crises cardiaques de 29%. Le nombre de thromboses veineuses (phlébites) a en outre doublé dans le groupe sous hormones. De quoi remettre en cause ce traitement ! Toutefois, cet essai ne comporte pas que de mauvais résultat, puisque le risque de fracture de la hanche a diminué de 23% et celui du cancer du côlon de 37%. Aucune modification n'a été constatée en ce qui concerne le cancer du poumon et de l'endomètre. Ces données
démontrent clairement que les avantages du THS sont supplantés
par les risques auxquels s'exposent les femmes en l'utilisant. C'est
la raison pour laquelle les chercheurs ont décidé de mettre
un terme à l'étude qui devait se poursuivre jusqu'en 2005. Selon le Dr Lucie Gilbert, de la clinique de la ménopause de l'hôpital Royal Victoria, les médecins ont encore une tendance exagérée à prescrire l'hormonothérapie parce qu'elle est moins coûteuse que d'autres traitements et parce qu'elle est couverte par l'assurance maladie. Pour l'industrie pharmaceutique, la vente des hormones et la recherche les concernant représentent un enjeu économique important (la Prémarin est l'un des médicaments les plus vendu au Canada). On dénombre aujourd'hui au Canada plus de trois millions de femmes post-ménopausées et d'ici l'an 2010, elles représenteront 33% de la population féminine. Le souci de retarder le vieillissement et de se maintenir en bonne santé contribue à stimuler le marché pour les nouveaux médicaments, y compris l'hormonothérapie. Ces produits font l'objet de nombreuses promotions et publicités auprès des médecins et consommatrices. Les femmes qui envisagent de suivre un traitement d'hormonothérapie, doivent prendre le temps de s'informer et veiller à ce que leur décision ne soit pas influencée par des stratégies de marketing, mais repose sur des études scientifiques crédibles qui s'appliquent bien à leur situation. A la Société
canadienne du cancer, un comité d'experts se penche actuellement
sur cette étude. Après examen, ils jugeront de la validité
des résultats et émettront des recommandations, s'il y
a lieu. " On doit éviter d'avoir recours à l'hormonothérapie
à titre préventif et se limiter aux femmes présentant
des symptômes graves, conseille Marie-Claude Lafleur, directrice
des communications". Références et sources : L'hormonothérapie
substitutive augmente-t-elle les risques de cancer ? Réseau canadien
de la santé. |