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JUILLET-AOÛT 2000
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Le Maca ou l’herbe des Dieux du Sud LES ANDES DU PÉROU. Paysage fantastique surmonté de pics vertigineux où des vents froids taquinent constamment une maigre végétation qui se fait plutôt rare… Décor de Titan ou de Dieux, l’œil reste perpétuellement submergé par les vastes étendues sauvages, perpétuellement envoûté par la beauté austère d’une nature dépouillée qui embrasse les lieux. Les Andes du Pérou… Demeure des Dieux du Sud mais aussi d’une herbe toute de mystère vêtue: Maca ou encore Lepidium meyenii Walp. De la famille des Brassicaceae, tout comme le cresson, la patate, la tomate et le tabac, le Maca ou encore le Ginseng Péruvien (appelé aussi Maino, Ayuk wilku ainsi qu’Ayak chichira) gît sur le sol et ressemble à un plan de pomme de terre qui aurait perdu tout tonus (en anglais on dit “flat potato plant”). De couleur brunâtre, ses fleurs sont de teinte ivoire et ses racines donnent à penser qu’il s’agit “d’une poire ayant la tête à l’envers”. Selon plusieurs, le Maca est aussi associé au Ginseng (d’où son nom familier de Ginseng Péruvien) en raison de la morphologie de sa racine, qui se rapproche considérablement de celle du Ginseng Sibérien et dont la racine de forme humaine rappelle, à son tour, celle de la mandragore. Ainsi, les habitants des hautes montagnes et vallées du Pérou disent de Maca que cette herbe est réputée pour ses remarquables propriétés toniques, et c’est pourquoi son effet sur l’organisme est comparé à l’activité céleste ou royale. Cette “herbe divine” est donc surtout une nourriture du “yang” et en conséquence, un symbole de virilité et d’immortalité chez ces peuples alpins. Le Maca est en effet cultivé dans les cols étroits des montagnes des Andes du Pérou, en haute altitude. En fait, la plante a un seuil de tolérance si élevé au froid, qu’elle croît et se développe facilement à des altitudes considérables qui peuvent atteindre entre 3500 et 4450 mètres au-dessus du niveau de la mer. Suivant cet état de fait, Maca est reconnu depuis des millénaires pour sa grande combativité de par sa capacité à pousser dans des conditions climatiques difficiles, d’où l’association que les habitants de ces régions alpines lui confèrent de posséder des propriétés ou substances favorisant le développement de la vigueur. Ainsi, selon plusieurs traditions populaires des Andes Péruviennes, la racine de Maca, portée sur soi, renforcerait la virilité, attirerait l’amour et donnerait santé et beauté. On sait par ailleurs que le Maca est réputé pour ses propriétés aphrodisiaques. Toujours selon ces traditions locales, l’herbe servirait également à la réalisation des désirs; «Prenez une racine de Maca dans la main, visualisez votre vœu à travers elle, puis jetez-la dans une rivière; ou encore, gravez vos vœux sur la racine et jetez-la dans une rivière» vous diront les plus vieux des habitants autochtones de ces régions. Utilisé autant pour ses vertus culinaires que curatives par les péruviens des Andes, le Maca est cultivé depuis au moins 2000 ans. Considéré comme la «nourriture de la famine», Maca devenait essentiel dans la préparation des repas en temps de disette. Or, de récentes analyses scientifiques ont démontré que sa racine possède effectivement un taux très élevé d’acides gras essentiels et que sa valeur nutritive procurerait les acides aminés indispensables à l’équilibre corporel. Pourtant, sa racine ou tubercule peut être séchée et mise en poudre ainsi qu’entreposée pendant plusieurs années sans souffrir de détérioration importante. Les racines, séchées et mélangées à de l’eau, deviennent une bouillie aromatique connue sous le nom de “mazamorra”, après avoir bouilli pendant cinq à six heures. Le goût du Maca a été décrit par les gens le consommant comme se rapprochant du goût de la coquille de l’arachide et celui de certains types de pollens que nous retrouvons au Pérou. En ce qui concerne les pratiques médicinales populaires des habitants des hauts plateaux du Pérou, Maca est utilisé fréquemment dans le traitement de désordres variés. En fait, chez les hommes, Maca aurait pour effet d’accroître la vitalité des fonctions sexuelles et particulièrement la fertilité. Chez les femmes, on utiliserait cette herbe lors des cycles de la ménopause, notamment dans le traitement des bouffées de chaleur et des désordres menstruels. Maca aurait aussi l’avantage de donner à la peau une allure plus jeune, améliorerait le désir sexuel, normaliserait la lubrification vaginale, l’équilibre émotionnel et diminuerait le stress. De façon générale, Maca augmenterait l’énergie et la vigueur corporelle, corrigerait les troubles anémiques et renforcerait le système immunitaire. Enfin, de récentes recherches scientifiques effectuées en laboratoire (in vitro) démontreraient que Maca aurait des propriétés stimulantes sur les complexes glandulaires du cerveau (pituitaire, hypophyse et hypothalamus) en le nourrissant, et jouerait aussi un rôle considérable dans le bon fonctionnement des autres glandes du corps tels que les ovaires, les testicules, les glandes surrénales, le pancréas ainsi que la glande thyroïde. Le Maca, aussi appelé herbe des Dieux du Sud est une plante royale et divine selon les traditions locales des habitants des Andes du Pérou. Entre les mythes locaux d’un côté et de l’autre la science, s’étend le vaste domaine du savoir et pratiques populaires associés ici à l’utilisation d’une plante à la fois formidable, mystérieuse et surprenante de par ses propriétés médicinales; le Maca. Offert aux hommes par les Dieux du Sud pour pallier aux rigueurs d’un climat hostile mais aux paysages fabuleux, cette herbe divine, utilisée depuis plusieurs millénaires, n’a cessé de prouver son utilité médicinale, sans que les progrès de la science ne la fasse reculer. Kathia Roy Référence bibliographique: MOZZANI, ÉLOÏSE. Le livre des superstitions, mythes croyances et légendes. Édition Robert Laffont, Coll. Bouquins. Paris: 1995. CHEVALIER, JEAN & GHEERBRANT, ALAIN. Le dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres. Édition Robert Laffont / Jupiter, Coll. Bouqins. Paris: 1982. DR. A.B. HOWARD. Herbal Extracts: The Lawrence Review of Natural Products. 1990. DUKE, J.A. Handbook of Medicinal Herbs. Boca Raton, FL: CRC Press, 1985. |