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JANVIER-FÉVRIER 2002
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| LE MAL DES TRANSPORTS Bâillements, sueurs froides, nausées, vertiges et vomissements, accompagnés d'un sentiment qu'il vaudrait mieux mourir. Voilà ce que tant de gens ressentent dès qu'il s'agit de monter à bord d'un bateau, d'un train, d'un avion ou même simplement d'une voiture. Le mal des transports, ou cinétose résulte du conflit entre la perception visuelle et la perception de l'oreille interne. Ce que les yeux voient ne correspond pas avec ce que l'oreille interne enregistre et votre cerveau supporte mal cette contradiction. Par exemple, si on lit ou s'adonne à une autre activité pendant une promenade en voiture, les yeux bougent dans un plan différent de celui des vestibules de l'oreille (organe de l'équilibre). Au contraire, si l'on est en bateau et que l'on fixe l'horizon, les renseignements fournis par l'il et le vestibule de l'oreille concordent. En voiture comme en bateau, seuls les passagers sont malades. Le conducteur est préservé car il regarde la route et enregistre les mouvements comme par exemple le tangage. Il se penchera dans le sens du virage afin de rétablir son propre équilibre. L'information d'équilibre correspond à la perception de l'oreille interne. En fait, les liquides internes de l'oreille restent horizontaux, c'est cette information que les yeux doivent percevoir pour éviter le conflit sensoriel. Une personne sur trois, développe au moins une fois dans sa vie les symptômes d'une cinétose. Les femmes et les enfants sont plus sensibles que les hommes. L'incidence du mal des transports est variable. En voiture, elle est de 3 à 5% et semble plus élevée chez l'enfant. En mer, elle varie selon la taille du bâtiment, de l'état de la mer et de la durée du séjour. On estime le pourcentage moyen de 25 à 30%. En avion, l'incidence serait de 0,5% à 10% sur les avions long et moyen courrier. Le taux augmente dans les planeurs, les avions d'affaires et les appareils militaires. Il semble que 6 à 20 % des élèves pilotes de l'armée en soient atteints et que 2 à 3 % ne s'adaptent jamais. Une promenade à cheval n'entraîne pas de cinétose, tandis que des troubles apparaissent à dos de chameau ou d'éléphant. De nombreux animaux partagent ce mal avec l'homme : La vache, le cheval, certains primates, le chat et le chien Le mal des transports
se déroule en trois phases. Au cours de la deuxième phase surviennent les nausées, et là, il ne s'agit plus d'une sensation mais d'un fait : vous vomissez ! Cela s'accompagne généralement d'hypothermie, vous salivez plus que normalement, votre flux sanguin cutané est réduit et vos pupilles se dilatent. Le troisième stade qui est heureusement relativement rare, est celui pendant lequel tous les symptômes s'aggravent. Vous êtes obnubilé par votre malaise avec une perte totale de votre volonté et de toute réaction de défense. Vous êtes prostré, refermé sur vous-même avec une idée fixe : votre malaise. Vous avez des maux de tête et l'hypoglycémie peut vous pousser jusqu'à la perte de connaissance. On comprend aisément que lorsque nous éprouvons des malaises semblables, l'alimentation est bien la dernière chose qui nous viendrait à l'esprit. Pourtant, si vous faites partie des gens affectés par ce trouble, il pourrait être judicieux d'accorder une place prioritaire à la nourriture, avant même de monter à bord d'un bateau ou d'une voiture. Les sucs gastriques pouvant jouer un rôle dans le mal des transports, il est préférable de manger quelque chose avant le départ. Les aliments riches en glucides comme le pain et les biscuits salés, sont particulièrement bénéfiques, car ils absorbent de grandes quantités de sucs gastriques. Une étude portant sur 57 pilotes d'avion a démontré que ceux qui absorbaient des aliments contenant beaucoup de glucides avant un vol, étaient moins sujets au mal des transports que d'autres pilotes qui préféraient manger des protéines et des aliments plus gras. De plus, sachez que les aliments susceptibles de provoquer des ballonnements et des gaz (légumineuses, piments, etc..) peuvent dilater le tractus gastro-intestinal et ne feront qu'aggraver vos autres symptômes. On trouve en pharmacie un certain nombre de remèdes pour prévenir le mal des transports, mais sachez qu'il existe une solution phytothérapeutique naturelle infiniment supérieure aux remèdes chimiques : il s'agit du gingembre. Ce n'est pas le seul remède à base de plante qui soit efficace, mais il ne fait aucun doute que ce soit le meilleur. Il y a des milliers d'années, les marins chinois mâchaient déjà des rhizomes de gingembre pour remédier au mal de mer. La science moderne a confirmé la validité de ce remède ancestral. Une étude portant sur 80 officiers de l'école navale, a montré que la prise d'une demi cuillerée à café de gingembre en poudre, peu de temps avant l'embarquement, diminuait les symptômes du mal de mer, surtout la sensation d'étourdissement, à raison de 38%, et la fréquence des vomissements de 72%. Cette épice neutralise une grande quantité des acides générés par l'estomac en réaction naturelle au mouvement. De plus, le gingembre contribue à stopper les signaux de nausée qui peuvent remonter depuis l'estomac jusqu'au cerveau. Différents herboristes recommandent lors d'un déplacement, si vos symptômes sont plutôt légers, de boire une tasse d'eau chaude, additionnée d'extrait de gingembre avant de partir et de reprendre quelques gouttes pendant votre voyage. Si vos malaises sont généralement très pénibles, prenez votre tisane 20 minutes avant le départ et quelques gouttes additionnelles à toutes les demi-heures durant le voyage. Il est toujours judicieux de boire beaucoup d'eau avant un voyage et durant celui-ci. Au cours d'un vol en avion, il est particulièrement indiqué d'absorber davantage de liquides, car l'air dans les cabines pressurisées est extrêmement sec. Le café, l'alcool et les boissons gazeuses ne sauraient en aucun cas remplacer l'eau, car ils sont diurétiques. D'autres petits conseils sont très utiles : Évitez autant que possible les mauvaises odeurs (tabac et mazout en particulier), les atmosphères confinées (mais ne pas avoir froid) et les vêtements trop serrés. En voiture, ouvrir légèrement une fenêtre pour que l'air se renouvelle. Toujours regarder à l'extérieur de la voiture. Évitez de lire ou de somnoler (les mouvements de la suspension, surtout à l'arrière, sont redoutables). Assoyez-vous la tête légèrement inclinée vers l'arrière et évitez les mouvements inutiles (mouvement de tête trop brusque). A chaque arrêt, marchez un peu. En bateau, voyagez sur le pont et en croisière choisissez une cabine au centre du paquebot, à proximité de la ligne de flottaison. En autobus, il est préférable de s'asseoir à l'avant, près d'une fenêtre qui s'ouvre. En avion, les sièges
au-dessus des ailes et des roues sont beaucoup plus stables. |