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JANVIER-FÉVRIER 2001
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LES COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES Font-ils davantage que compenser les lacunes nutritionnelles. Selon les professionnels de la nutrition, certains groupes de la population ont des risques de carence nutritionnelle plus élevés que la moyenne. Par exemple, les personnes qui suivent fréquemment des diètes hypocaloriques, les végétariens stricts, les futures mamans, les personnes âgées ayant une alimentation peu nutritive et certains enfants provenant de milieu socio-économiques défavorisés. Toutefois, toujours selon eux, la plupart des adultes en santé n’ont pas besoin d’un supplément. Une alimentation variée, basée sur le guide alimentaire canadien suffit. En réalité, de nombreux médecins sont aujourd’hui convaincus que les compléments alimentaires font davantage que compenser les lacunes nutritionnelles. Des preuves scientifiques suggèrent que même lorsque nous absorbons une alimentation équilibrée, la prise de compléments nous permet d’être en meilleure santé, selon le Dr Michael Janson, auteur du livre The Vitamin Revolution in Health Care. « Les publications scientifiques montrent clairement que les individus qui absorbent des doses élevées de certains nutriments (comme les vitamines C et E), qu’ils ne pourraient obtenir par la seule alimentation, jouissent par là même d’un avantage certain », affirme le Dr Janson. Au cours des dernières années, les chercheurs ont pris conscience d’un lien causal jusqu’alors ignoré entre les vitamines (ou leur carence) et un certain nombre de menaces pour la santé, comme le cancer et les maladies cardiovasculaires. En effet, si la Valeur quotidienne (apport journalier recommandé) est suffisante pour prévenir des maladies de carence tels que le rachitisme et le scorbut, il se pourrait qu’elle ne soit pas assez élevée pour jouer un rôle préventif dans un certain nombre d’autres troubles graves. Cette constatation se vérifie particulièrement dans le cas d’antioxydants comme les vitamines C et E. Les antioxydants sont indispensables pour faire obstacle aux effets nocifs des radicaux libres; ces molécules d’oxygène destructrice endommagent les cellules saines et les chercheurs pensent qu’elles jouent un rôle majeur dans l’apparition du cancer, des maladies cardiovasculaires et de divers autres troubles graves. Puisque les radicaux libres sont générés en masse chaque jour, il se pourrait que la quantité d’antioxydants apportée par la Valeur quotidienne ne suffise pas à neutraliser les dégâts. Quelle dose absorber alors? Les recherches sont encore relativement récentes et les scientifiques n’ont pas encore déterminé la dose nécessaire qu’il conviendrait de prendre en sus de la Valeur quotidienne. En revanche, pour certains nutriments telle que la vitamine C, divers travaux suggèrent qu’il nous en faut deux à quatre fois la Valeur quotidienne pour bénéficier d’une protection optimale. Dans le cadre d’une étude portant sur plus de 1 500 hommes d’une cinquantaine d’année, des chercheurs de Chicago ont constaté que le risque de décès par suite d’un cancer était de 37% moindre chez les individus qui absorbaient chaque jour 138 milligrammes de vitamine C (ainsi que de petites quantités de bêta carotène), par rapport à ceux qui n’en absorbaient que 66 milligrammes (l’apport quotidien recommandé est de 60 milligrammes). D’autres études ont démontré que le fait d’absorber des doses de vitamine C dépassant largement la Valeur quotidienne pouvait augmenter l’immunité, améliorer la fonction pulmonaire et abaisser le risque de cancer, de cataracte et de maladie cardiovasculaire. La vitamine E est elle aussi un antioxydant très puissant. Les études montrent qu’elle peut stopper le processus qui conduit le cholestérol à se déposer sur les parois de nos artères, tout en empêchant les plaquettes (l’élément du sang responsable de la coagulation) de s’agglutiner dans le courant sanguin. Toutefois, les études montrent que la vitamine E est surtout efficace lorsque la quantité absorbée dépasse largement la Valeur quotidienne, qui n’est que de 30 unités internationales. En fait, des chercheurs de l’université du New South Wales (Australie) ont constaté que la quantité minimale de vitamine E nécessaire pour prévenir les maladies cardio-vasculaires est d’environ 500 unités internationales, ce qui représente plus de 16 fois la Valeur quotidienne. Il est presque impossible d’obtenir une telle quantité de vitamine E par le biais de notre seule alimentation. « La plupart des individus en bonne santé auraient intérêt à prendre un complément de vitamine E », commente le Dr Janson. Sonia Faggion Références : Les aliments remèdes des médecins, par Selene Yeager et les rédacteurs des livres de SANTÉ RODALE. Les suppléments : en prendre ou ne pas en prendre, 5 décembre 1999, par l’ordre professionnel des diététistes du Québec. |